Le projet de la Société Générale (SG) de fusionner son propre réseau français de banque de détail et commerciale avec celui de sa filiale à 100 %, le Crédit du Nord (CdN), devrait contribuer à améliorer la rentabilité du groupe, selon Fitch Ratings.

Un projet économique

Le projet pluriannuel vise à réaliser des économies matérielles de 450 millions d’euros d’ici 2025 (environ 2,6 % des coûts sous-jacents de la SG en 2019), et entraînera des coûts de restructuration d’environ 700 à 800 millions d’euros à court terme, principalement en 2021. Elle vient s’ajouter à un objectif de réduction des coûts de 450 millions d’euros d’ici 2022-2023, déjà annoncé au deuxième trimestre de l’année en cours, dans le cadre de la réduction des risques dans les activités de produits structurés de crédit et d’actions de la SG. La SG est en bonne voie pour atteindre son objectif de réduction des coûts sous-jacents de 5 % par rapport à 2020 (net des coûts de restructuration), ce qui, selon nous, ne fera qu’atténuer la sous-performance de la SG par rapport à ses pairs.

La fusion prévue n’a pas d’impact immédiat sur les notations de SG ou de CdN. Nous pensons que les coûts de restructuration plus élevés à court terme de la SG devraient être plus que compensés par les économies réalisées à partir de 2024, à condition qu’elle soit en mesure de contenir l’impact des faibles taux et de l’attrition des clients, et de gérer la fusion des services informatiques et des entités juridiques dans les délais et le budget. La notation à long terme de CdN en matière de défaut de l’émetteur est déjà alignée sur celle de sa société mère, reflétant le rôle clé de CdN dans la franchise nationale de la SoGen. Nous continuons de voir une probabilité extrêmement élevée que CdN reçoive le soutien de la SG, si nécessaire, jusqu’à ce que les deux entités fusionnent ensemble.

Un regain de rentabilité

Fitch espère que la réalisation de la fusion améliorera sensiblement la rentabilité de la Société Générale à des niveaux plus conformes à ceux de ses homologues européens si la banque est capable de contenir l’érosion des revenus due à la persistance de taux bas et à l’attrition de la clientèle attendue de la fusion des deux réseaux. La SG estime que le chevauchement des clients entre les deux réseaux est limité et ne s’attend pas à ce que la réduction du nombre d’agences entraîne une perturbation majeure des activités, compte tenu de leur proximité physique dans la plupart des cas.

Nous pensons que la Société Générale sera en mesure de compenser en partie la pression sur les revenus grâce à la croissance du crédit et à l’augmentation des ventes croisées, notamment dans le secteur de l’épargne, ce qui devrait permettre de générer des revenus plus importants. Le lancement d’une architecture ouverte pour l’épargne en France à partir de 2021 et une nouvelle grande poussée dans la banque numérique, par le biais de Boursorama, devraient permettre d’exploiter des sources de revenus supplémentaires et de soutenir la rentabilité à plus long terme.

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