La coopérative financière française BPCE (Banque Populaire Caisse d’Epargne) a déclaré qu’elle prévoyait de racheter les actions minoritaires de sa banque d’investissement cotée en bourse, Natixis SA, et de privatiser cette unité qui a subi des pertes et des mauvais trades boursiers.

Partir sur de nouvelles bases

BPCE, l’un des plus grands groupes bancaires français, a déclaré mardi avoir fait une offre formelle pour les près de 30 % qu’il ne détient pas encore dans Natixis pour environ 3,7 milliards d’euros. Il prévoit de retirer la banque d’investissement du marché boursier. Le rachat fait partie d’une stratégie de réinitialisation visant à limiter les risques, à réduire les coûts et à restaurer la confiance dans la banque d’investissement, ont déclaré les analystes.

Le rachat serait la fin de la route en tant que société publique pour Natixis, qui est née d’une fusion en 2006 avec l’ambition de devenir un acteur de la banque d’investissement à l’échelle mondiale.

La banque a connu des difficultés à plusieurs reprises. Elle a beaucoup souffert pendant la crise financière de 2008-2009. Le gouvernement a fusionné ses parents, les coopératives de crédit de détail Banque Fédérale des Banques Populaires et Caisse Nationale des Caisses d’Epargne, créant ainsi BPCE, et a sauvé Natixis. Natixis a ensuite mis de côté près d’un demi-milliard d’euros pour son rôle d’orientation des liquidités des investisseurs vers les fonds gérés par le financier en disgrâce Bernard Madoff.

Comme d’autres banques françaises, Natixis est spécialisée dans les opérations complexes sur produits dérivés qui génèrent des commissions élevées mais qui ont tendance à augmenter le risque lorsque les marchés évoluent de manière inattendue. Natixis a déclaré en novembre qu’elle était en train de revoir son activité de dérivés d’actions et avait décidé de se retirer des produits les plus risqués, suite à un mouvement similaire de son concurrent, la Société Générale. En décembre 2018, Natixis a déclaré avoir perdu 260 millions d’euros sur des opérations sur dérivés d’actions asiatiques.

Fin d’une décennie compliquée pour Natixis

Le mois dernier, Natixis a accepté de revendre à ses dirigeants sa participation majoritaire dans sa société de gestion d’actifs H2O. La société d’investissement britannique, autrefois un joyau de la couronne de Natixis, a fait l’objet d’un examen approfondi de la part des investisseurs et des régulateurs en raison de ses relations avec le financier allemand Lars Windhorst.

En juin 2019, les investisseurs de H2O ont retiré environ 8 milliards d’euros en quelques jours après que la société de recherche Morningstar Inc. ait exprimé ses préoccupations concernant les investissements obligataires importants de H2O dans des sociétés détenues ou financées en partie par M. Windhorst. En août de l’année dernière, le régulateur du marché français a ordonné à H2O de suspendre une série de ses fonds en raison de leur exposition importante à la dette illiquide.

Le titre Natixis ne s’est jamais remis des sommets atteints avant la crise financière, et s’est négocié en début d’année à moins de la moitié de sa valeur du début de l’année 2018. Les actions ont été suspendues de la négociation mardi avant la déclaration de BPCE, a déclaré la banque française.

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